La mesure séquentielle des taux de lactate dans le sang peut prédire le développement d’insuffisances organiques multiples après un choc septique

Nous vous présentons ci-après le résumé de l’article intitulé “La mesure séquentielle des taux de lactate dans le sang peut prédire le développement d’insuffisances organiques multiples après un choc septique”, écrit en anglais sous le titre “Serial Blood Lactate Levels Can Predict the Development of Multiple Organ Failure Following Septic Shock” par Jan Bakker, Philippe Gris, Michel Coffernils, Robert J. Kahn et Jean-Louis Vincent, et publié dans The American Journal of Surgery, Volume 171, February 1996

« PRÉLIMINAIRES : Malgré une première réanimation réussie, le choc septique évolue fréquemment vers l’insuffisance multi-organique (IMO) et la mort. Étant donné que les taux de lactate dans le sang peuvent indiquer un niveau d’altération cellulaire, les auteurs ont examiné la relation entre les taux de lactate dans le sang mesurés en série et le développement de l’IMO ou la mortalité chez des patients en choc septique.

PATIENTS ET MÉTHODES : Les auteurs de cette étude ont mesuré le lactate initial (au début du choc septique), le lactate final (avant la récupération ou la mort), le “lactime” (temps durant lequel le lactate dans le sang a été >2,0 mmol/L), et l’aire sous la courbe (ABC) pour les valeurs atypiques (au-dessus de 2,0 mmol/L), chez 87 patients ayant souffert un premier épisode de choc septique. Ces mesures ont été corrélées avec la survivance et l’insuffisance organique et ont permis d’obtenir des résultats dans quatre systèmes (respiratoire, rénal, hépatique et coagulation), avec un maximum de 8.

RÉSULTATS : Trente-trois patients ont survécu (38%). Sur les 54 non survivants (62%), les 13 patients morts durant les premières 24 heures de choc septique affichèrent des taux initiaux de lactate sanguin plus élevés que ceux qui moururent postérieurement (moyenne ± écart standard 9,6 ± 5,3 mmol/L contre 5,6 ± 3,7 mmol/L, P <0,05). Les 74 patients qui survécurent les premières 24 heures du choc furent étudiés plus en détail. Dans la présentation, les survivants avaient une pression artérielle moyenne sensiblement supérieure (76 ± 12 mm Hg contre 63 ± 20 mm Hg, P <0,001) et pH artériel supérieur également (7,40 ± 0,07 contre 7,37 ± 0,09, P <0,05) à ceux des non survivants. Même si les différences entre les taux initiaux de lactate dans le sang des survivants et non survivants ne furent pas significatifs statistiquement parlant (4,7 ± 2,5 mmol/L contre 5,6 ± 3,7 mmol/L), seuls les survivants présentèrent une diminution significative durant les premières 24 heures du choc septique. Les survivants présentèrent un lactime et ABC significativement inférieurs à ceux des non survivants. La durée de l’acidose lactique a été le meilleur facteur prédictif de survivance (analyse de régression multiple, R2 = 0,266, P <0,001), suivie de l’âge, de la fréquence cardiaque, du lactime et de l’ABC. La durée de l’acidose lactique a été le seul facteur prédictif significatif d’insuffisance organique.

CONCLUSIONS : Chez les patients en choc septique, les déterminations séquentielles des taux de lactate dans le sang sont de bons facteurs prédictifs du développement d’IMO et de mortalité. Et à cet égard, la durée de l’acidose lactique est plus importante que le taux de lactate initial. Même si plusieurs facteurs peuvent contribuer à l’hyperlactatémie, ces observations sont compatibles avec un rôle direct de l’hypoxie prolongée du tissu dans le développement de complications après le choc septique. »

 

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Serial Blood Lactate Levels Can Predict the Development of Multiple Organ Failure Following Septic Shock